Catégorie : Le deuil périnatal

Ici, je parles du deuil périnatal

  • L’histoire d’Elianna : première échographie, le silence !

    L’histoire d’Elianna : première échographie, le silence !

    Première échographie le silence… C’est la première chose qui me revient en mémoire quand je repense à cette première échographie. Ce n’était pas le silence paisible d’une attente heureuse, mais ce silence lourd, épais, celui qui précède l’effondrement.

    On nous a parlé de malformations, de trisomie, d’un petit cœur trop fragile pour battre longtemps. On nous a donné un sexe : une petite fille. Et soudain, le monde que nous avions construit pour Anna et Simon s’est fissuré.

    Le protocole ou la dignité : Le choix de l’impossible

    Très vite, la machine médicale s’est emballée. On nous a proposé des recherches génétiques, des tests, des attentes interminables pour une issue que nous connaissions déjà. Le protocole prévoyait une IMG (Interruption Médicale de Grossesse) à six mois. Six mois à sentir grandir une vie que l’on sait condamnée. Six mois à servir de « sujets d’étude ».

    Avec mon mari, nous avons dit non. Non par refus de la science, mais par amour pour elle, et pour nous. Nous avons choisi d’abréger sa peine et la nôtre plus tôt.

    C’est là que la violence administrative a pris le relais de la douleur médicale. Parce que nous sortions des « cases », parce que nous ne suivions pas le chemin balisé, l’hôpital a changé les mots. Ce n’était plus une IMG. C’était une IVG. Un dossier au Planning Familial. Une procédure froide, sans suivi, sans psychologue, sans reconnaissance de mon statut de mère endeuillée.

    Je suis sortie de ce bloc vide, avec la sensation que pour le monde médical, rien ni personne n’avait existé.

    Elianna : Un prénom comme un ancrage

    Mais elle existait. Elle s’appelait Elianna. Ce prénom, choisi en hommage à ma grand-mère maternelle, était ma façon de lui dire : « Tu fais partie de nous. Tu as des racines. »

    Pendant des mois, j’ai porté ce deuil en silence, tout en gérant le quotidien, mes deux aînés, et la fermeture de mon magasin. Comment créer quand on se sent soi-même brisée ? J’ai dû tout arrêter pour ne pas sombrer.

    La lumière est revenue par un chemin détourné : l’hypnose. Lors d’une séance, j’ai enfin pu faire ce que le système m’avait refusé. Dans ce voyage intérieur, j’ai pris Elianna dans mes bras et je l’ai confiée à ma grand-mère. Je les ai vues, ensemble. J’ai déposé mon étoile dans les mains de mes racines. Ce jour-là, j’ai enfin pu respirer.

    La résilience : Porter l’arc-en-ciel

    Aujourd’hui, mon ventre s’arrondit à nouveau. Une petite sœur est prévue pour juin 2026. On appelle cela une « grossesse arc-en-ciel ». C’est un mélange permanent de terreur et de gratitude. Chaque coup de pied est un miracle, chaque silence une angoisse.

    Mais je ne suis plus la même femme. Cette épreuve m’a dépouillée de mes faux-semblants. Elle m’a poussée vers une création plus authentique, plus brute. Elle m’a appris que l’on peut vivre en couleurs tout en acceptant ses zones d’ombre.

    Elianna ne sera jamais oubliée. Elle est le fil invisible qui relie mon passé de créatrice à mon futur de maman de trois enfants enfin non, quatre enfants ! Elle est la preuve que même quand le système tente de vous effacer, l’amour, lui, reste indélébile.

    À toutes les mamans qui ont vécu ce « vide » administratif : vos bébés ont existé. Vos larmes sont légitimes. Et la lumière finit toujours par trouver une faille pour revenir.

    As-tu, toi aussi, dû créer ton propre chemin de guérison ?